Le problème quand on est dans une phase obsessionnelle et qu'on se fait des promesses débiles c'est que c'est extrêmement dur de les tenir.
Alors en plus quand on a déja trouvé une bonne raison de rompre la promesse en question (voir post précédent), le doigt est pris dans l'engrenage jusqu'au coude et là c'est le drame.
Moi mon obsession du moment, c'est la cuisine. Et par dessus tout la boulange.
Faire des jolis plats de poisson, des petits biscuits mignons, bon ok c'est sympa.
Mais se retrouver dans la pâte jusqu'aux coudes, pétrir, faire son propre pain, ses propres viennoiseries, CA c'est pour moi ce qui s'approche le plus près du nirvana culinaire.
Mon cher ami psychotruc vous dirait que c'est parce que ça éveille en moi une sorte d'instinct atavique, un truc primaire, basique.
C'est probablement vrai, j'en sais rien.
Ce que je sais, c'est que les mains dans la pâte, je me sens bien. Tout simplement.

Alors vu que je prévoyais d'avoir mon n'amoureux au petit dej samedi matin et que je ne pouvais décemment pas lui servir des biscottes industrielles (ben oui quoi, on a sa fierté d'apprentie cuisinière, bordel) j'ai décidé de faire de la brioche.
Mais comme d'un autre côté je suis toujours sous le coup de fortes sanctions auto-imposées suite à mes excès récents, la brioche c'était vraiment pas très raisonnable.
20 secondes de réflexion et Eurêka ! m'écriai-je.
Je vais faire une brioche allégée.
Sitôt dit ...

Brioche allégée à la mie fondante à souhait



Pour une brioche bonne conscience d'environ 500 grammes (25 points WW pour la brioche entière, soit environ 2,5 points pour une tranche "raisonnable")

- 300g de farine à patisserie
- 100 ml de lait demi-écrémé
- 2 jaunes d'oeufs moyens
- 1 petit suisse à 0%  
- 25g de beurre à 41% (supportant la cuisson), bien mou
- 25g de sucre glace
- 5 g de sel
- 1/2 sachet de levure de boulanger sèche


La veille au soir :
Dans un bol, mélanger la levure et une cuillère à soupe de farine prélevée dans les 300 grammes.
Dans un grand récipient, battre les jaunes d'oeufs avec les petits suisses et le lait jusqu'à obtenir un beau mélange bien mousseux.
Ajouter le sucre et le sel et mélanger.
Ajouter la farine et mélanger grossièrement avec une cuillère en bois pour amalgamer le tout.
Verser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné.
Pétrir la pâte un bon quart d'heure. Personnellement, je commence le pétrissage au robot avec mon crochet à pétrir, et je le termine à la main, mais on peut tout à fait le faire entièrement à la main.
L'essentiel est de faire rentrer de l'air dans la pâte en la pétrissant. Pour cela, on étire la pâte et on la replie sur elle-même.
Si la pâte est un peu trop dure, on peut rajouter un peu de lait (tout petit à petit !!). Si au contraire elle colle trop, on peut rajouter un peu de farine (mais c'est normal qu'elle colle un peu au début, ne vous précipitez pas sur la farine !!).
Ajouter le mélange levure/farine et pétrir selon le même procédé (étirage - repliage) pendant un autre bon quart d'heure, en ajoutant le beurre petit à petit (le mieux c'est de le découper en petits morceaux à l'avance).
La pâte devient lisse et élastique.
Former une boule grossière et la déposer dans un saladier légèrement fariné. Attention, celui-ci doit être plus grand que votre boule de pâte parce que c'est maintenant qu'on va la faire lever !
Filmer le saladier (assez lachement pour que si la pâte lève plus haut que le bord, elle ne soit pas arrêtée par le film) et mettre au réfrigirateur pour la nuit (c'est ce qu'on appelle la "pousse lente").

Le lendemain :
Sortir la pâte du réfrigirateur. Elle doit avoir doublé de volume.
La laisser se réchauffer à température ambiante un petit quart d'heure (pour qu'elle soit plus facile à travailler).
Dégazer la pâte avec le poing et la verser sur le plan de travail légèrement fariné.
L'étaler grossièrement en rectangle plus large que haut.
Replier la partie gauche du rectangle sur le centre, puis la partie droite sur la partie gauche (comme un porte-feuille).
Etaler à nouveau grossièrement en rectangle (c'est la même technique que pour faire une pâte feuilletée).
Couvrir d'un linge et laisser reposer 1/4 d'heure.
Faire pivoter le pâton d'un quart de tour et renouveler l'opération de pliage, étalage.
Re-couvrir et laisser reposer un nouveau 1/4 d'heure.
Faire pivoter le pâton d'un nouveau 1/4 de tour et renouveler l'opération une dernière fois.
Laisser reposer un dernier 1/4 d'heure.

Diviser votre pâte en 3 pâtons de taille égale.
Façonner ces pâtons en boules ou en escargots et les déposer les uns à coté des autres dans un moule à cake légèrement fariné.

Couvrir d'un linge et laisser reposer à température ambiante 2 heures. Les pâtons doublent une nouvelle fois de taille.

Pendant ce temps, préchauffer votre four à 210°C (th.7), en ayant pris soin de mettre la lèchefrite tout en bas du four et d'y avoir déposé un récipient rempli d'eau chaude (un bol par exemple).

Lorsque le four est chaud et que les pâtons ont fini de lever, les badigeonner rapidement de lait à l'aide d'un pinceau et enfourner immédiatement.
Il faut faire vite sinon le lait fera dégonfler votre pâte !
Baisser le four à 180°C (th.6), jeter un verre d'eau très chaude dans la lèchefrite (le fameux coup de buée) et laisser cuire 25 à 30 minutes.
Personnellement, je fais un second coup de buée vers les 15 minutes de cuisson. Attention cependant à ne pas ouvrir votre four dans les 10 premières minutes.
Si votre brioche colore trop vite, il suffit de la recouvrir d'une feuille d'aluminium.

La brioche est cuite lorsqu'elle sonne creux quand on tapote dessus.

Dégustez là encore chaude, tout simplement nature trempée dans le café (miam !!!) ou le chocolat, ou bien, ultime péché de gourmandise, avec du nutella.

Petite information : En raison du peu de sucre qu'elle contient, cette brioche n'est pas très sucrée au goût. Si vous préférez un gout de sucre plus prononcé, il vous faudra en rajouter.
La prochaine fois, j'essaye la même recette en utilisant de l'édulcorant de cuisson, je vous tiens au courant.

Et en prime, une petite photo de la mie :


Bonne boulange !