Mes vacances au Maroc furent catastrophiques.
Point d'inquiétude, je ne parle pas ici du point de vue strictement vacancier, touristique, dépaysant, chaleureux ou délassant de cette semaine d'escapade.
Non, à ce niveau là, c'était top.
Je parle du point de vue culinaire.
Et encore.
Non, le bon mot c'est "calorique".
Tout le problème de se retrouver au Maroc en plein Ramadan quand vous êtes une bonne petite occidentale parfaitement impie, c'est que vous, vous mangez normalement.
Et encore.
Jusque là ça pourrait aller.
Le vrai problème c'est de partager un bout de sa vie avec des vrais marocains.
Qui eux, évidemment, le font, le Ramadan.
Et qui, bien que vous ayez pris un petit déjeuner très consistant à base de Melouis divins imprégnés de miel, puis un déjeuner comportant généralement Pastilla ou Tajine et que vous vous apprétiez, aux alentours de 21h, à déguster un couscous maison préparé par la gentille cuisinière du riad que vous louez avec vos amis; bien que tout ça donc, ces marocains n'imagineraient pas de ne pas vous proposer de rompre le jeune avec eux aux alentours de 18h30. Et vous, forcément, vous n'imagineriez pas leur dire non.
C'est comme ça que vous vous retrouvez à faire 4 repas par jour, dont l'un est constitué de Harira bien épaisse et de pâtisseries tellement monstrueusement caloriques que mon petit livret WW en a fait une crise de combustion spontanée.
C'est comme ça que je suis rentrée du Maroc en ayant repris une part assez substantielle des kilos que je viens de mettre des mois d'effort et de sueur à perdre.
Bon, au moins, je me suis régalée, ça, y a pas de doute.

Mais je vous avoue qu'au retour, après ce grand lachage intensif, ça a été un peu dur de retrouver le goût de la cuisine légère.
Bon ok, devoir arrêter de respirer pour enfiler tous les pantalons taille 36 que j'ai acheté ces derniers temps a été d'une assez grande aide à l'auto-motivation.
Mais pour rompre la morosité du régime, le plus important, encore une fois, c'est de se surprendre.
De faire jouer son imagination.
De s'amuser en cuisine.

Voici donc ma dernière invention.

Escalopines d'Espadon en étagères de Fenouil et Riz Vénéré



Pour 2 pénitents essayant de reprendre goût au manger léger (5 points WW par personne):

- 2 pavés d'Espadon
- 1 beau bulbe de Fenouil
- 2 blancs de poireau
- 2 petits oignons sauciers ou 1 gros oignon jaune
- 60g de riz Vénéré
- 1cc de beurre à 41%
- 1CS d'huile d'olive
- 1cc de jus de citron
- 2 CC de thym séché
- sel, poivre

Préparer l'espadon :
Escaloper les pavés en les coupant en deux dans l'épaisseur.
Pour faciliter le boulot, je les mets un peu au congélateur, pour qu'ils soient plus faciles à découper.
Dans un petit bol, mélanger l'huile d'olive, le jus de citron et le thym. Poivrer à votre convenance.
A l'aide d'un pinceau, badigeonner légèrement les tranches d'espadon de ce mélange.
Réserver au frais jusqu'à la cuisson.

Emincer les oignons.
Laver et peler le fenouil, le hacher finement.
Faire de même avec les blancs de poireau.
Dans une casserole, faire fondre l'oignon émincé dans le beurre, sans laisser colorer.
Ajouter le fenouil et le poireau, bien mélanger. Saler, poivrer.
Couvrir et laisser mijoter à feu moyen en remuant de temps en temps, pendant 1/4 d'heure à 20 minutes.

Pendant ce temps, cuire le riz vénéré dans l'eau bouillante, suivant les indications du paquet, puis l'égoutter et le réserver.

Lorsque le mélange fenouil et poireau est bien tendre, faire chauffer une poêle à feu vif sans matière grasse.
Y jeter les tranches d'espadon quelques instants de chaque côté.
Il ne faut surtout pas trop le cuire !

Pour finir, dresser :
Poser un cercle dans une assiette, tapisser le fond de riz, déposer une tranche d'espadon, ajouter une couche de compotée de fenouil/poireau, et déposer enfin la deuxième tranche d'espadon.
Faire de même pour la deuxième assiette.

Déguster en se disant que non seulement c'est joli, mais qu'en plus c'est bon, et que pour couronner le tout c'est 100 fois moins gras qu'une pastilla.